Avant toute chose : Une cinquantaine de nouveaux sons 100% estivaux, 100% transpiration, 100% canicule non-assumée par le gouvernement viennent d’apparaitre dans notre désormais iconique playlist GATHER ULTIMATE SUMMER ANTHEMS ! À balancer en aléatoire dès à présent sur les plateformes ! (Un glitch incontrôlable a hélas créé une dizaine de doublons des sons de Lacrim et de PNL sur la version Apple Music, mais c’est aussi ça de soutenir la musique en langue française)
Au programme de ce DELIVERY : Tous les médias possibles et imaginables. Paul nous parle cinéma, Romain vit pleinement son été avec Larry June et en redécouvrant une média papier oublié de sa génération : le livre. Quant à Lucille, toujours branchée sur Radio France et les expérimentations d’Eartheater.
Anomalisa, Charlie Kaufman et Duke Johnson, 2015
Michael Stone est en apparence un véritable modèle de réussite américaine. Père de famille invité à Cincinnati pour donner une conférence suite au succès éditorial de son livre sur le management en entreprise, il installe ses affaires dans sa chambre d’hôtel et prépare son speech du lendemain. Pourtant, Michael est intérieurement anesthésié. Chaque interaction sociale lui est d’un ennui profond, d’autant plus que chaque personne avec qui il interagit parle d’une même et unique voix. Le temps d’une soirée, il tentera dans un élan désespéré de recontacter son ex et fera la rencontre fortuite de Lisa qui, elle, possède sa propre tonalité vocale. Réalisé en stop-motion avec Duke Johnson, Anomalisa est une énième création Kaufmanesque réunissant les obsessions de son scénariste pour les personnages principaux minables et vides d’amour propre. S’ensuit un film surprenant dans le fond comme dans la forme où l’humour misérable illumine la solitude profonde de son personnage principal pour donner une capsule d’absurdité existentielle. Rien que ça. Paul
J’ai rarement vu un fan service d’une telle qualité. Après ses 2h déjà super lors du Super Bowl de Bad Bunny, Camille Diao part du succès mondial du portoricain pour revenir de façon extensive sur comment les musiques latines ont conquis la pop mondiale. Des latin pop des années 80 aux reggaeton en passant par la cumbia, le merengue, la bachata, la salsa, le flamenco, elle revient avec passion et minutie sur l’histoire et les facettes des musiques hispanophones et lusophones. 9 épisodes pour comprendre d’où viennent et où vont ces artistes, ces musiques et remettre aussi leur héritage politique dans le débat. Lucille
Larry June - Who Coppin
Autre facette de San Francisco, très éloigné des clubs gays mais néanmoins partageant une certaine passion pour la culture de soi, de son esprit comme de son corps, Larry June a sorti son nouvel album solo Who Coppin, sursaut bienvenu dans une discographie où la balance quantité-qualité commençait à être franchement déséquilibrée. Rien de particulièrement nouveau sur ce disque, il est toujours cet ex-pimp nouveau-riche producteur de jus d’orange distribuant des leçons d’investissement et des conseils lifestyle sur des cartes postales du Golden Gate, mais en sensiblement plus OG et assagi qu’à l’accoutumée. C’est surtout la sélection instrumentale léchée et somptueuse qui fait la différence : je pense au suintant de luxe “Everything Liquid”, au soulful “Who Coppin”, ou à “Organic Motion”, hommage au son historique de la baie produit par DJ Fresh. On retrouve sur cet album tout ce qu’on attend de Larry June, une bande-son pour cruiser à bord d’une décapotable au crépuscule, en solitaire ou bien accompagné, mais toujours avec modération et lucidité. Good job Larry ! Romain
Eartheater - Heavenly Body : If I’m The Bottle You’re The Message
Pendant que Charli XCX s’embourbe dans un revival rock adolescent dont personne n’a besoin, Eartheater livre un album sublime autour de son expérience de la grossesse et la maternité. Si on avait l’habitude de voyager dans le coton, cet album est un retour à l’ancrage le plus solide qui soit, la plus grande remise à échelle possible: l’expérience d’engendrer un autre être. Les expérimentations sont toujours au rendez-vous mais elles s’accompagnent d’une puissance et d’une délicatesse, d’une fragilité et d’une profondeur qui vous accrochent dès l’ouverture de l’album. Paradise Rains traduisait déjà la fin d’un mysticisme parfois obscur pour se concentrer sur son expérience du corps, du corps de l’autre et comme elle le dit elle-même, traduire “the earthquake inside of you” qu’est la grossesse. Nova qui vient clôturer l’album est une balade destinée à sa fille, une comptine dont on se retrouve auditeurs privilégiés. On oscille avec émotion entre folk psychédélique, trip-hop, toujours de l’expérimental et une navigation entre l’infiniment intime et le titanesque absolument fascinante. Lucille
Chroniques de San Francisco de Armistead Maupin
Une semaine avant la canicule, je trouvais dans mon hall d’entrée 4 livres assez épais abandonnés là, dont je me suis saisi au cas où TikTok cesserait de fonctionner. Résultat, quand mon téléphone perdit sa bataille contre le soleil, ces Chroniques de San Francisco furent accueillies comme un don du ciel. Originellement publiées comme feuilleton dans le San Francisco Chronicles, ces chroniques racontent la vie d’une copropriété de Frisco, rythmés par les amitiés, amours et aventures qui se font et défont dans la capitale gay du monde. On est au tournant des années 70, alors que la fin de la guerre du Vietnam fait perdre aux hippies le sens de leur vie, les saunas gays deviennent des refuges à la lutte des classes, les marketeux véreux commencent à prendre le contrôle du pays, qu’un trajet en bus permet de tout recommencer à zéro dans l’Amérique de tous les possibles, et que ton père peut se révêler être en réalité ta mère. C’est extrêmement drôle, et étrangement moderne, autant dans ses sujets que dans son rythme haletant où chaque chapitre de deux pages et demie se termine sur un cliffhanger inattendu. Une lecture fortement recommandée en bord de mer méditerranéenne, pour agrémenter la session bronzage d’un voyage intellectuel de l’autre côté du globe. Romain
Les sorties marquantes de ces dernières semaines :
Fox BD - Finessin Distribution Deals
Tricky - Different When It’s Silent
Steve Lacy - Oh Yeah?
Tricky - Different When It’s Silent
Nick Hakim - I Can See
Omari Lyseight - Digital
Loe Shimmy - Pretty Girlz Run The World
Rico nasty - RX






